Je ne laisse pas pleurer la déesse

Quand la déesse pleure, on va voir. Ça parait con dit comme ça, mais apparemment, c’est déjà beaucoup.  Attention j’en rajoute une couche: et la plupart du temps, on fait quelque chose. On lui parle, on la berce, on la prend dans nos bras ( horreur! ) je lui chante une chanson, on danse avec elle, on va lui montrer les oiseaux a la fenêtre, on lui présente le chat, on la chatouille, on la change,  ah! et oui, aussi accessoirement, je la met au sein. Mais non, je ne la laisse pas hurler pendant un quart d’heure.

Quand j’étais enceinte, on nous a dis que les bébés, ça pleure « sans raison » souvent longtemps, souvent le soir, mais qu’il faut « tenir » être « fort » ne pas « craquer ». J’avoue, sur le moment j’y ai cru. Même qu’une fois, on l’a laissé pleurer une heure. Le pire, c’est qu’on était limite fiers, c’etait « pour son  bien » il fallait bien qu’elle apprenne.

Ben finalement, c’est nous qui avons appris. C’est de la connerie.

Elle a deux mois et demi. Elle n’est même pas au courant qu’elle a des pieds, alors je doute fort qu’elle crie comme ça, juste pour voir ce que ça fait. Elle ne crie pas pour faire un caprice, elle ne crie pas pour nous enquiquiner. Si elle pleure « sans raison » c’est que nous, parents, ne comprenons pas la raison de ses cris. Et donc, en tant qu’êtres matures et évolués, nous en concluons qu’elle n’a aucune raison de crier, puisque nous nous n’en voyons pas.   Qui sommes nous pour savoir mieux qu’elle si ça va ou pas?  Je ne pense pas que crier soit quelque chose de vraiment agréable pour elle, j’oserai même dire que quand elle peux, elle préfère largement nous faire des sourires plutôt que se perforer les poumons.  Je vais faire un petit parallèle animalier.

Le cheval est un animal intelligent, comme tout les animaux, mais dont on reconnait l’intelligence quand ça nous arrange. J’ai travaillé dans ce milieu (vous pouvez toujours essayer de trouver mon ancien boulot, tiens, et chut a ceux qui me connaissent ^^ ) et j’ai toujours été stupéfaite de la rapidité avec laquelle on prétextait qu’il n’avais pas a avoir peur/sursauter/ne pas vouloir faire quelque chose. Plutôt que d’essayer de comprendre pourquoi cet animal refusait d’aller dans un coin  d’une carrière par exemple, on décidait a sa place qu’il n’y avait aucune raison qu’il n’y aille pas, et que si il refusait de faire ce qu’on lui demandait c’est que c’était un con qu’il fallait mater. J’ai aussi rencontré des clients cavaliers (oh un indice sur mon boulot ^^ ) qui eux, quand leur cheval ne voulais pas faire quelque chose, se disaient que ca devait bien être pour une bonne raison, et cherchaient à se mettre a leur place. Je ne dis pas qu’ils y arrivaient a chaque fois. Mais deja ils ne partaient pas du principe que le cheval fesait ca pour les emmerder et qu’il fallait lui faire les pieds. Et vous savez quoi? parfois aussi, on se rendait compte qu’il y avais un reflet/une bâche/ un bruit a cet endroit qui nous semblait anodin, mais qui, parce que inconnu, effrayait le pauvre équidé. Alors ces cavaliers là prenaient leur temps et allait par exemple leur montrer la bâche. Petit a petit, le cheval comprenait qu’elle ne lui ferait pas plus de mal que ça, et passait a coté sans problème. Quand le cavalier y allait a coup de cravache, par contre, oui, le cheval finissait par y aller, mais la peur au ventre, jusqu’au jour ou la bâche bougerai d’un millimètre. La, le cavalier se retrouve par terre et ne comprend pas.

Je referme la parenthèse sur le cheval, mais je pense que vous avez compris ou je veux en venir. Je ne pense pas que la déesse pleure sans raison. Simplement, on a pas la science infuse et on ne comprend pas pourquoi elle pleure parfois. Ben tant pis, on essaye.  Et honnêtement, après 9 mois dans le ventre de maman, a degrés, sans jour ni nuit, toute serrée, alimentée en permanence, sans bruits, je pense pas qu’elle n’ai aucune raison de pleurer en arrivant dans notre monde ou tout est si différent. J’irai même jusqu’à dire que si on nous prenait nous, et qu’on nous applique un tel changement, on pleurerai pendant des heures entières sans comprendre ce qui nous arrive, et je pense qu’on ne ferai pas du cinéma…..

Et pour finir, depuis qu’on la laisse plus pleurer, ben, elle pleure plus. Pas qu’on accourt a chaque fois. Non non, elle dors dans son lit, dans sa chambre. Elle joue toute seule aussi dans son parc. On n’a pas besoin de retourner la voir 10 fois le soir. Non, elle ralote maintenant, parce qu’elle sait qu’elle peut compter sur nous, et que même si on comprend pas toujours ce qui ne va pas, on fait de notre mieux.

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12 réflexions sur “Je ne laisse pas pleurer la déesse

  1. Bien dit ma BFPO !! quand je dis que tu es une bonne maman ….que vous etes de bons parents …je ne me trompe pas mais pas du tout!!! et oui, si ma beauté,ma poupounette adorée pleure elle ne peut pas dire encore pourquoi, et on a du mal à
    interpréter ses pleurs, mais elle a certainement tout simplement besoin qu’on s’occupe d’elle. vous l’avez tellement « couvée » tous les deux pendant la grossesse, que maintenant à « l’extérieur » elle a besoin de ces contacts meme s’ils ne sont pas les mêmes. très peu de bébés dorment dès la naissance dans leur propre chambre mais notre déesse oui. elle n’a que 2 mois et demi et elle s’amuse dans son parc. que demander de plus!!! alors si elle pleure un peu, continuez à faire ce que vous faites si bien.

  2. Je n’ai jamais compris pourquoi on dit qu’il faut laisser un bébé pleurer. Comme s’il avait conscience de faire un caprice, ou la capacité à se dire qu’il pleurerait bien pour rien, pour faire chier son monde. C’est vrai que c’est agréable de pleurer, hurler ne fait ni mal au poumon et à la gorge, pleurer ne fatigue pas les yeux, non non non !
    Bref…
    Je suis d’accord avec toi, le changement pour un bébé entre le ventre de sa mère et notre monde est très brutal, il ne comprend pas ce qui lui arrive. Tout ses besoins ne sont plus comblés à la demande, il n’est plus dans l’eau, il doit faire marcher ses petits poumons…
    Le point de vue d’un bébé, on l’a bien oublié, pourtant on l’a été.
    Tiens, ça me fait penser à la notion d’anthropomorphisme (t’as bien fait un parallélisme avec les cheveux ^^), on devrait en inventer une, quand on applique nos ressentis d’adultes à ceux des bébés… Adultomorphisme ? :p

  3. Lorsqu’on parle de « caprices » pour un petit bébé qui veut juste être rassuré près de sa maman, ça me hérisse les poils !
    Moi non plus je ne la laisse pas pleurer. Elle a des périodes où elle demande souvent les bras, mais aussi d’autres où je la laisse presque toute la journée jouer sur son tapis d’éveil. Chaque enfant a son rythme qu’il faut respecter 🙂

  4. adultomorphisme jadore!!!

    « laisse le il faut qu’il fasse ces poumons », au premier jai dit « ha oui, ha ok » et je le laissait pleurer des heures la boule au ventre en ayant limpression detre la pire mere au monde!
    aujourdhui (avec la deuxieme) ma reponse est « et ma main dans ta gueule sa te dit?! », comme si elle faisait un caprice, je le reve, tu a raison elle ne sais meme pas qu’elle a des pieds, alors oui je la porte (presque 24/24 les 7 premieres semaines), oui je chante des comptines, oui je vais la voir la nuit quand elle pleure, oui il arrive qu’elle dorme entre papa et maman, et alors????!!!! cest qui qui « subit » ca pas vous tous qui critiquait^^
    et aujourdhui ma belle a 11mois, et elle se sauve a quatre pattes quand elle nous voit, elle dort seule dans sa chambre, elle joue toute seule, et elle vient seulement quand elle a faim fait pipi ou besoin de tendresse.

    un bébé rassuré cest un bébé heureux!

  5. Je suis bien d’accord!
    Il faut arrêter de considérer les enfants comme des mini adultes. Ils ont besoin de se construire et pour ça ils ont besoin du soutien et de la présence de leurs parents.
    Un enfant qui pleure est un enfant qui a besoin de quelque chose ou quelqu’un. Des caprices? à quelques mois???
    La grande blague…..

  6. « Ca lui fait les poumons ». Mais qu’est ce qu’elle a pu me rendre folle cette expression !
    Nous non plus nous n’avons pas laissé pleurer le Lutin. On estime qu’un bébé a besoins d’être rassurer. S’il ne peut pas compter sur ses propres parents quand il en a besoin, sur qui comptera t’il ? à plus de 2 ans et demi, mon fils n’est pas du tout capricieux (n’en déplaise à ceux qui critiquaient le fait qu’on allait le voir dès qu’il pleurait).

  7. Bonjour! Voici mon premier commentaire. D’ordinaire ce n’est pas mon truc, je n’ai pas grand chose d’intéressant à écrire : je lis des blogs, parfois un article m’interpelle, souvent j’oublie. Mais ce matin j’ai lu d’un trait tout ce que vous avez publié ici et pour une fois j’ai envie de laisser un mot. Merci. Merci pour les traits d’humour et d’esprit qui peuvent remonter le moral et la confiance de chaque maman qui doute d’elle.
    Et comme je suis lancée, quelques réflexions personnelles à propos de certains sujets :
    Cet article me fait penser à ma fille qui pleure sans arrêt, dès qu’elle est réveillée (et elle ne fait que rarement de siestes). Je ne la laisse pas pleurer, mais elle pleure quand même. Et alors c’est très difficile niveau culpabilité, d’autant plus quand l’entourage dit qu’il vaut mieux la laisser puisque quoi qu’on fasse elle pleure : ça me donne l’impression d’un petit abandon et c’est bon de lire un avis qui va dans mon sens pour une fois, pour tenir bon non pas contre son bébé qui hurle mais contre ceux qui veulent le laisser hurler.
    Concernant l’allaitement, heureusement il y a des femme pour qui c’est évident. Je ne considère même pas avoir « choisi » d’allaiter : c’est le biberon qui me paraissait compliqué et contraignant. Sans aucune information ni sur l’un ni sur l’autre je suis allée vers l’allaitement. Comme quoi parfois il suffit de s’écouter. Ma fille a trois mois (aujourd’hui!) et l’article concernant les pics de croissances m’a beaucoup aidé. Je commence à entendre ces fameuses phrases « il faut te préserver, c’est déjà bien trois mois, un biberon de temps en temps… » et oui, je suis épuisée et je perds du poids et bébé pleure tout le temps, etc. Mais au moins maintenant je pense à cet article et je suis boostée!
    Enfin (il faut que je termine, sinon j’en ai pour des pages!) Il y a un sujet que j’aurais bien aimé lire mais qui peut être ne vous concerne pas : l’isolement qu’une jeune mère au foyer peut ressentir. En plus des chamboulements qui peuvent arriver après le babyblues (et qui rejoignent les questions que vous vous êtes posée à propos du travail).
    Bref je m’étends trop. Sachez simplement que vous avez une nouvelle lectrice, admirative face à votre esprit, vos idées, vos débats!

  8. Bonjour! Voici mon premier commentaire. D’ordinaire ce n’est pas mon truc, je n’ai pas grand chose d’intéressant à écrire : je lis des blogs, parfois un article m’interpelle, souvent j’oublie. Mais ce matin j’ai lu d’un trait tout ce que vous avez publié ici et pour une fois j’ai envie de laisser un mot. Merci. Merci pour les traits d’humour et d’esprit qui peuvent remonter le moral et la confiance de chaque maman qui doute d’elle.
    Et comme je suis lancée, quelques réflexions personnelles à propos de certains sujets :
    Cet article me fait penser à ma fille qui pleure sans arrêt, dès qu’elle est réveillée (et elle ne fait que rarement de siestes). Je ne la laisse pas pleurer, mais elle pleure quand même. Et alors c’est très difficile niveau culpabilité, d’autant plus quand l’entourage dit qu’il vaut mieux la laisser puisque quoi qu’on fasse elle pleure : ça me donne l’impression d’un petit abandon et c’est bon de lire un avis qui va dans mon sens pour une fois, pour tenir bon non pas contre son bébé qui hurle mais contre ceux qui veulent le laisser hurler.
    Concernant l’allaitement, heureusement il y a des femmes pour qui c’est évident. Je ne considère même pas avoir « choisi » d’allaiter : c’est le biberon qui me paraissait compliqué et contraignant. Sans aucune information ni sur l’un ni sur l’autre je suis allée vers l’allaitement. Comme quoi parfois il suffit de s’écouter. Ma fille a trois mois (aujourd’hui!) et l’article concernant les pics de croissances m’a beaucoup aidé. Je commence à entendre ces fameuses phrases « il faut te préserver, c’est déjà bien trois mois, un biberon de temps en temps… » et oui, je suis épuisée et je perds du poids et bébé pleure tout le temps, etc. Mais au moins maintenant je pense à cet article et je suis boostée!
    Enfin (il faut que je termine, sinon j’en ai pour des pages!) Il y a un sujet que j’aurais bien aimé lire mais qui peut être ne vous concerne pas : l’isolement qu’une jeune mère au foyer peut ressentir. En plus des chamboulements personnels qui peuvent arriver après le babyblues (et qui rejoignent les questions que vous vous êtes posée à propos du travail).
    Bref je m’étends trop. Sachez simplement que vous avez une nouvelle lectrice, admirative face à votre esprit, vos idées, vos débats!

    • Bonjour!
      Je n’ecris plus dans ce blog depuis bientot un an, la fin de mon allaitement plus ou moins, mais ca me touche toujours enormement de lire des commentaires comme le votre. Je suis trés heureuse si mes articles ont pu vous faire sourire, ou juste vous informer!

      Pour l’isolement, j’aurai du mal a en parler, étant moi meme vraiment soutenue par mon chéri.

      Pour ce qui est des question du travail, finalement je n’aurai jamais « repris » je suis maintenant artiste a mon compte 🙂

      courage dans cette belle aventure de l’allaitement et encore merci pour votre commentaire 🙂

      Olympusmom

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