[philosophons sur l’olympe]Plus l’échelle est grande, plus il est dur d’exister.

Aujourd’hui, on s’éloigne un peu du sujet des bébés, (enfin, un peu beaucoup) pour parler d’un truc qui me tient à coeur, la place qu’on a dans un monde qui change.  Je voulais partager avec vous une réflexion personnelle,  sur l’évolution de notre société, la globalisation du monde, et le fait que même si on a l’impression que c’est souvent un progrés, au niveau de notre égo, ca peut etre un gros probleme. (égo au sens descriptif, hein, pas péjoratif)

On à déja entendu au moins une fois que le mal de « notre siecle » c’est la dépression. Voir même le suicide. Mais la dépression surtout, touche beaucoup de monde, à un moment ou à un autre, même parfois sans que ces personnes se l’avouent.  Pourquoi plus de dépression à notre siécle? Pour répondre, on va essayer de faire le tour des causes probables.

L’amour. Alors oui, l’amour décu, l’amour qui s’éloigne, l’amour qui meurt, ou l’être aimé qui disparait peuvent etre des causes de dépression. Mais je ne pense pas que cela soit générationnel. Il y a 1000ans, je pense que ça faisait tout aussi mal de se retrouver seul.

L’argent. Vaste sujet. On sent qu’on ne va plus y arriver, que ça va devenir de plus en plus dur (au japon, même si c’est de moins en moins, perdre son travail conduisait souvent au suicide…). Es ce un soucis récent? Oui et non. Au moyen age, se retrouver sans le sou était je suppose aussi déprimant. Mais on pourrait ajouter qu’aujourd’hui les « moyens » d’etre endettés sont bien plus nombreux et plus insolubles,quand a la suite d’accidents de la vie on peut se retrouver à devoir des sommes astronomiques.  Ce qui nous améne a un autre théme:

Le travail. Ce qui est nouveau avec le travail (qu’on le perde, qu’on en trouve pas, ou qu’on y souffre) c’est la notion même de travail déconnecté du reste de sa vie. Le fait d’en chercher un. D’en changer. De pas trop savoir comment on sera dans 10 ans. Avant, le « travail » était lié à notre vie. Un paysan ne se disait pas, tiens, dans 5 ans, je vais faire une formation pour être boulanger. Le boulanger était souvent LE boulanger du bourg (ou si il y en avait deux c’est parce qu’il y avais « la place » pour deux) et mettait rarement la clé sous la porte à cause de la concurrence, pour se demander ce qu’il allait pouvoir faire comme autre formation.  Non, chacun avait son rôle, parfois souvent déterminé par sa naissance, même si certaines personnes arrivaient à faire évoluer cette situation. Que ça soit mieux ou pas n’est pas la question. C’était une façon différente de voir les choses, de vivre la vie. Retenez tout ça, on y reviendra.

Le « je sais pas quoi faire de ma vie » ou « j’arrive pas à trouver ma place » est quelque chose d’autre qui forcément peut amener a la dépresssion. La quete de sens. L’impression de ne pas etre à sa place, se demander qu’est ce qu’on fait ici.  Pour moi, je pense que cette chose est assez récente. Parce que justement, aujourd’hui, on à le choix pour sa vie. Un choix immense. On est dans un grand couloir, avec des centaines de portes tout partout. Et il faut en choisir une. Sans trop savoir ce qu’il y a derriere.  Parfois, aucune ne nous tente. Parfois on ne peut pas les departager. Parfois, on sait excatement laquelle choisir ( et c’est tant mieux 🙂 ).

La solitude. Alors pour le coup, je pense qu’on peut dire qu’a notre époque, cette cause est bien plus importante que part le passé. Les familles sont éclatées, parfois avec des membres loin géographiquement les uns des autres. On a plus « besoin » des autres. On peut se nourrir, travailler, se divertir, « vivre » en absolue solitude. Un sdf peut être dans les vapes au milieu de la rue sans que personne réagisse.  La solitude est extreme, parce que chacun peut vivre sa vie seul, personne ne dépend de personne.

C’est riant, hein de bon matin. Bref, voila quelques unes des causes de dépression. Quel rapport avec mon titre? J’y viens.  Je pense que plus notre monde se globalise, moins il y a de personnes qui peuvent vraiment « exister ». Je ne parle pas d’existence physique, ça serai paradoxal, puisque que pour avoir une grande échelle, il faut qu’il y ai beaucoup de personnes en vie. Non, je parle d’existence morale, de « reconnaissance » de la part des autres. Parce que exister, c’est pas juste se nourrir, et dormir. On existe par le regard des autres, qu’on le veuille ou non. Il me semble que c’est Descartes qui disait que c’est parce qu’on me dit Tu que je peux dire Je. C’est a dire que au final, si personne ne nous reconnait en tant que personne, nous disparaissont. On est toujours vivant, certes, biologiquement parlant, mais uniquement biologiquement parlant. C’est pire qu’une malédiction. On disparait.

Quel rapport avec l’echelle? Comparons.

Moyen age:

Même si les pays sont déjà grands, l’échelle de ‘référence » est le hameau, le village, ou le quartier du plus gros bourg. Par échelle de référence, je veux dire le niveau auquel la vie s’organise. (c’est pas plus clair, hein ^^ ) Le niveau ou les décisions principales se prennent on va dire, le niveau sur lequel chacun peut influer. Pour reparler du travail, à cette époque, chacun à un role la plupart du temps relativement bien établi. Il y a le charpentier, le maçon, le meunier, le charcutier….etc… chacun à un ROLE SOCIAL. C’est à dire une fonction, quelque chose qui le défini aux yeux des autres. Chacun est exceptionnel a sa manière. Il y a celui qui est le plus fort, celui qui est le plus malin, celui qui court le plus vite, celui qui est le plus sage, celui qui sait le mieux chanter….. Chacun peut avoir une spécificité, chacun peut être le meilleur dans quelque chose, et avoir une reconnaissance par rapport à ça. Que cela soit une chose minime ou importante, on est connu pour ca. D’ailleurs la plupart de nos noms de famille viennent de surnom de cette époque, et certains sont assez transparents.

Aujourd’hui:

L’échelle de référence est le pays, l’ensemble de pays (l’Europe) voir même souvent le monde, avec internet.  Aujourd’hui nous sommes en compétition avec le monde entier. Chacun spécificité est forcement surpassée par quelqu’un d’autre, qu’il est facile de trouver avec internet. Pour reprendre mes exemples du paragraphe d’avant. Celui qui est le plus fort trouvera plus fort que lui, celui qui court le plus vite, qui chante le mieux,  le plus malin, etc etc tous trouverons plus, et mieux qu’eux. Au lieu d’être en « concurrence » avec une centaine de personnes, au sein duquel vous trouverez bien quelque chose qui vous est spécifique, on est en concurrence avec le monde entier.A partir de la, il est très difficile d’accéder a une reconnaissance de notre individualité, vu que des centaines d’autres personnes font la même chose que vous, parfois même en mieux encore. Il est du coup trés facile de se « noyer dans la masse ».

Du coup, plus on est nombreux, plus il est difficile d’exister aux yeux des autres. Combien d’anonymes pour combien de « stars » ? Combien de personnes qui semblent « transparentes » ?

Combien de personnes qui finalement renoncent à faire quelque chose par découragement, du fait que de toute façon, il y aura toujours quelqu’un pour faire la chose mieux qu’elle?  Comment trouver sa place au sein d’un ensemble aussi vaste? Pour quelqu’un qui n’a pas de talent supérieur aux autres, c’est vraiment difficile. Je pense que l’attrait de la télévision peut s’expliquer beaucoup par ca. Le fait de vouloir a tout prix etre célèbre, est quelque chose de nouveau. Quitte à se ridiculiser, certains vont absolument vouloir passer a la télévision. Pourquoi? Pour avoir cette reconnaissance, et exister artificiellement, plutôt que d’être noyé dans la masse.

Une des réponses à ce problème peut être le monde associatif par exemple. L’impression d’exister au sein d’un groupe, d’une entité réduite. Ou au sein d’une famille.

Mais au final, c’est toujours un problème d’échelle.

La globalisation, ça nous fait découvrir des tas de trucs, apprendre des tas de trucs, mais il est dur de ne pas s’y dissoudre et de continuer à exister…

 

 

 

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3 réflexions sur “[philosophons sur l’olympe]Plus l’échelle est grande, plus il est dur d’exister.

  1. Je suis bien d’accord avec toi. Nos deux vies professionnelles en sont un bon exemple. Est-ce ce besoin de reconnaissance qui nous pousse à vouloir créer une cellule familiale soudée ? Qui nous pousse à avoir des enfants et ainsi obtenir grâce à eux la reconnaissance ultime? Notre instinct maternel ne serait-il pas si fort si nous étions connues et reconnues dans un autre domaine?? question ouverte…

    • Oui je pense que le rapport a nos enfants est different….mais la ou on aurai besoin de recréer une fratrie, malheureusement c’est difficile a notre époque d’avoir plusieurs enfants (économiquement je parle) alors que ca pourrait etre une solution…..sans pour autant vouloir faire des enfants pour nous ^^ c’est un peu a s’arracher les cheveux ^^

  2. Je suis assez d’accord avec ton propos. Je pense qu’effectivement, malgré la proximité du monde entier, on est tous un peu seul dans notre coin. Ah qu’il serait beau e monde si au lieu de garder pour soi es secret de fabrication de ci ou mi, pour vendre jusqu’au bout du monde, on partageait ses idées pour que partout on puisse fabriquer à proximité.

    L’humanité à besoin d’un retour à la proximité. Notre civilisation hybride entre nomadisme et sédentarisation nous fait oublier de faire vivre l’endroit où l’on vit, sous prétexte que « si c’est pas bien ici, j’irai ailleurs. ». Dans un monde « tribal » ça aurait du sens, on pourrait chercher une tribu dans laquelle on se sent bien, et y faire ça vie. Mais le « système » uniformise les modes de vie partout, et ce petit coin où on est bien ne peut plus exister.

    La pensée humaine est aujourd’hui connectée sur toute la surface de la planète, mais nous sommes cloisonnés géographiquement, d’une part par les frontières, mais surtout par les murs de nos maisons, de notre lieu de travail, des centres commerciaux, etc…
    En France particulièrement, une grande partie de la population vit chacun dans sa boite. Les villes sont « mortes », la vie n’y reste pas, on ne fait qu’y passer. Personne ne connait ses voisins (d’où la « fête des voisins » par exemple) et seuls certains évènement rares, nous permettent d’occuper les rues et d’y vivre (fête de la musique).
    Dans beaucoup de pays dits « en voie de développement » où autre jugement à la con, la rue est vivantes, les commerçants voisins, jouent aux cartes, aux dominos, au backgammon ensembles devant leur magasin, boivent un thé, un café, une bière, discutent, enfin bref VIVENT ENSEMBLE.
    La centralisation de toutes les décisions est une absurdité, dans la mesure où elle ne permet pas de répondre aux besoins immédiats de chacun, ceux-ci étant différents ici et là.

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